



Quand on crèche en banlieue profonde et qu'on loupe le dernier Rer, faut bien trouver un endroit où passer la nuit. Alors je suis allé dans un troquet. A deux heures le rideau de fer était baissé. On m'a même pas demandé mon avis quoi. Je me suis retrouvé enfermé à l'intérieur.
J'ai flippé, pensant qu'on allait me faire subir de terribles expériences avent d'être jeté dans la Seine, comme un vulgaire frigo. En fait rien de tout cela. On m'a offert des bières et j'ai échangé avec des trentenaires qui causaient du Paris de leur enfance, de leur éducation et de leurs parents et des parents qu'ils étaient; et tout ça sur fond de rockabily (je ne sais pas comment on écrit). C'était chiant au final plus que flippant.
Toute la nuit j'ai écouté Pat, tenancier à forte gueule, Fred, bout-en-train rigolo, Christelle qui a fait un tour du monde en vélo et vend des fringues en alpaga cher mais de super qualité dans le 9ème, rue des martyres et Anne-Sarah, juive issue d'une famille compliquée mais coule. Sinon y'avait un Yves et une brune qui n'arrêtaient pas de s'emballer avec leur bouche et se toucher les seins.
Vers 11h je reprenais le boulot alors je suis parti. C chouette mais courbaturée du cerveau la vie des fois.
Lôko, épuisé.
Pour une fois c du vrai croquis sur le vif, j'ai laissé le crayon gambader... Ai-je eu tord d'offrir tant de liberté à un crayon? Le débat est lancé.